Pompe à chaleur pour serre Serre maraîchère

Serre maraîchère : passer à la pompe à chaleur

Tomates, concombres, poivrons ou fraises chauffés au gaz ? Une pompe à chaleur serre maraîchère air/eau peut reprendre tout le chauffage. L'aide financière CEE peut la financer jusqu'à 100 %, selon l'éligibilité (surface chauffée, type de production, puissance d'au moins 300 kW, électrification totale).

Rédaction : Eco-CEE Agriculture, au service des maraîchers sous serre chauffée · page publiée le 17 octobre 2026.

Le maraîchage sous serre est le premier terrain de la pompe à chaleur : consignes de nuit élevées, grandes surfaces, chauffage presque toujours au gaz. Voici la question traitée culture par culture : productions concernées, puissance à prévoir, effets sur la tomate et aide au mètre carré.

En bref. En serre maraîchère chauffée, une PAC air/eau de 300 kW se justifie dès 2 000 à 2 500 m² de tomates ou de concombres. En fraise ou en salades, la même machine couvre 2 700 à 4 000 m². Le projet de fiche révisée prévoit une aide de 20,8 à 23,2 € par m², valorisée à 8 € par MWh cumac.

Pompe à chaleur serre maraîchère : pourquoi le maraîchage passe en premier

Le gaz chauffe 97 % des serres maraîchères françaises, contre 44 % des serres horticoles. C'est donc en maraîchage que l'électrification du chauffage pèse le plus. La révision de la fiche AGRI-TH-108 s'inscrit dans le plan « Électrifions la France ! » (mesure 18), qui vise 400 hectares de serres équipées d'ici 2030.

Trois raisons font de la serre maraîchère la candidate naturelle à la PAC :

  • un forfait d'aide deux fois plus élevé qu'en horticulture : 2 600 à 2 900 kWh cumac par m², contre 1 200 à 1 400 ;
  • des consignes de nuit élevées en tomate et en concombre, donc des besoins qui atteignent vite le seuil des 300 kW ;
  • un réseau d'eau chaude souvent déjà en place, que la PAC air/eau reprend sans le refaire.

Le kWh cumac est l'unité des certificats d'économies d'énergie. Converti à 8 € par MWh cumac, le forfait maraîcher vaut 20,8 à 23,2 € par m² chauffé, selon le palier de performance de la machine. Le principe d'une pompe à chaleur pour serre est détaillé dans notre guide général.

Quelles cultures maraîchères sont concernées ?

La fiche AGRI-TH-108 ne distingue que deux catégories : la serre maraîchère et la serre horticole. Relèvent de la première la tomate, le concombre, le poivron, l'aubergine, la fraise, le melon, les salades, les herbes aromatiques et les micro-pousses. La serre peut être neuve ou existante, mais elle doit être chauffée au sens du projet de fiche. En bio, une règle s'ajoute : chauffer aux énergies renouvelables. Notre guide de la serre chauffée bio en donne les échéances.

Tomate, concombre : une consigne d'au moins 12 °C

Pour la tomate et le concombre, le projet de fiche tient la serre pour chauffée si la consigne atteint au moins 12 °C de novembre à avril. Ces deux cultures se conduisent en fait autour de 16 à 18 °C la nuit : ce sont les cultures maraîchères les plus gourmandes en chaleur. Le poivron relève du seuil des autres cultures, mais ses besoins rejoignent ceux de la tomate.

Fraise, salades, aromatiques : le seuil de 8 °C

Pour toutes les autres cultures maraîchères, le seuil tombe à 8 °C. La fraise hors-sol, les salades et les légumes feuilles se conduisent plutôt entre 10 et 12 °C la nuit. Leur besoin plus faible demande plus de surface pour occuper une machine de 300 kW. Une serre mise hors gel ne compte pas comme chauffée.

Plants maraîchers et tunnels : les cas limites

La production de jeunes plants de légumes pose une question de catégorie, maraîchère ou horticole, qui reste à confirmer. L'enjeu n'est pas mince : le forfait varie du simple au double. Les règles propres aux fleurs, aux plantes en pot et aux pépinières figurent sur la page pompe à chaleur en serre horticole.

Les tunnels et abris froids non chauffés sont exclus. Les critères du projet de fiche ne visent pas la structure elle-même : comptent le chauffage, l'isolation de la couverture et la puissance. Pour la structure et les équipements d'une serre maraîchère chauffée, voyez notre page dédiée.

Quelle puissance pour une serre de tomates, de concombres ou de fraises ?

Électrification totale oblige, la PAC doit tenir seule la nuit la plus froide du site, sans chaudière d'appoint. Sa puissance vaut donc le besoin de pointe de la culture multiplié par la surface chauffée.

Cultures (consigne de nuit) Besoin de pointe Pour 5 000 m² Pour 1 ha
Tomate, concombre, poivron (16 à 18 °C)110 à 170 W/m²550 à 850 kW1,1 à 1,7 MW
Fraise hors-sol, salades, légumes feuilles (10 à 12 °C)75 à 110 W/m²375 à 550 kW750 kW à 1,1 MW

Ces repères valent pour une couverture isolée (écran thermique ou double paroi) et une température de base, ou Tbase, de −5 à −7 °C : la température extérieure la plus basse retenue pour le calcul. Selon la région, ajoutez ou retirez environ 25 %. En simple vitrage sans écran, comptez 30 à 40 % de plus. Pour comparer les machines par grand froid, voyez comment choisir la machine et son régime d'eau.

Une serre, plusieurs cultures

Tomates d'un côté, salades ou plants de l'autre : avec plusieurs compartiments, l'étude calcule le besoin de chacun, à sa propre consigne. Au-delà d'une machine, la puissance se répartit entre plusieurs PAC d'au moins 300 kW chacune : voyez nos pages sur les machines de grande puissance en cascade.

Le seuil de 300 kW selon la culture

Une PAC de 300 kW couvre 1 800 à 2 700 m² de tomates, de concombres ou de poivrons. En fraise hors-sol ou en salades, elle couvre 2 700 à 4 000 m². Sous ces surfaces, l'aide ne porte que sur la surface réellement chauffée.

Le plafond de surface de la fiche ne gêne pas le maraîcher. Il retient au plus 20 m² par kW installé, soit 50 W/m², nettement sous les besoins de pointe du tableau.

Tomate sous serre chauffée : ce que la PAC change

La conduite de la culture ne change pas. Trois points demandent pourtant de l'attention avant le chantier.

Le CO2, première question des producteurs de tomates

Dans une serre de tomates chauffée au gaz, les fumées de la chaudière servent souvent à enrichir l'air en CO2, ce qui soutient la photosynthèse. La pompe à chaleur ne brûle rien : cette source disparaît avec la chaudière. Il faut donc en prévoir une autre, comme le CO2 liquide. Les options sont comparées dans notre guide pour apporter du CO2 sans chaudière gaz.

Les tubes de chauffage restent en place

En serre de tomates, les tubes de chauffage posés au sol servent souvent aussi de rails aux chariots de travail. Une PAC air/eau les conserve, puisqu'elle chauffe l'eau du même réseau. La vraie question porte sur la température d'eau, plus basse qu'avec une chaudière : l'étude vérifie que la longueur de tubes suffit. Les émetteurs sont comparés sur notre page tubes, aérothermes et chauffage par le sol.

Des tomates sous serre toute l'année ?

Produire des tomates sous serre toute l'année suppose de chauffer tout l'hiver, et souvent d'éclairer. La pompe à chaleur ne traite que le chauffage : l'éclairage reste un poste à part. En saison froide, la consigne de nuit fixe directement la puissance et la facture. Nos repères de températures de consigne par culture aident à la caler avant l'étude.

Ce que ça vous coûte

L'aide dépend de la surface, alors que le prix de la PAC dépend de sa puissance. Une culture très exigeante en chaleur demande donc plus de kW pour la même aide. Le tableau traduit cet écart en coût installé maximal par kW, celui qui permet encore un reste à charge zéro.

Besoin de pointe Cas typique Coût installé maximal pour un reste à charge zéro
170 W/m²Tomate, concombre, poivron : haut de fourchette120 à 135 €/kW
110 W/m²Tomate : bas de fourchette ; fraise, salades : haut de fourchette190 à 210 €/kW
75 W/m²Fraise, salades, légumes feuilles : bas de fourchette275 à 310 €/kW

Le calcul divise l'aide au m² par la puissance installée au m². Or des prix catalogue autour de 130 €/kW sont observés pour une PAC de 300 kW, machine seule. En tomate très chauffée, il reste donc peu de marge pour la pose, le ballon et le raccordement électrique.

Graphique comparant le coût installé maximal pour un reste à charge zéro selon le besoin de pointe (120 à 135 €/kW à 170 W/m², 190 à 210 €/kW à 110 W/m², 275 à 310 €/kW à 75 W/m²) au prix catalogue d'environ 130 €/kW d'une PAC de 300 kW, machine seule.

Un reste à charge zéro reste possible, selon l'éligibilité (surface chauffée, type de production, puissance d'au moins 300 kW, électrification totale) et le devis retenu. L'isolation de la couverture joue deux fois : elle réduit la puissance à payer sans toucher à l'aide, calculée sur la surface. Le budget complet figure sur la page prix et rentabilité d'une pompe à chaleur de serre.

Trois serres maraîchères, trois calculs

Ordres de grandeur calculés avec les repères ci-dessus (couverture isolée, Tbase de −5 à −7 °C, 8 € par MWh cumac). Ce ne sont pas des retours d'exploitation : seule l'étude chiffre votre cas.

3 000 m² de tomates

Le besoin de pointe atteint 330 à 510 kW. Une seule machine suffit, car deux PAC d'au moins 300 kW dépasseraient le besoin. Toute la surface compte pour l'aide, qui atteint 62 à 70 k€. Pour un reste à charge zéro, l'installation doit tenir dans cette enveloppe, soit environ 120 à 210 €/kW selon la puissance retenue.

4 000 m² de fraises hors-sol

Avec une consigne de 10 à 12 °C, le besoin descend à 300 à 440 kW. Une machine de 300 kW peut suffire si la serre est bien isolée et la région douce. L'aide atteint 83 à 93 k€, soit 190 à 310 €/kW installé. C'est le cas le plus favorable des trois pour viser un reste à charge zéro.

1 hectare de concombres

Le besoin monte à 1,1 à 1,7 MW, à répartir entre plusieurs machines d'au moins 300 kW. L'aide atteint 208 à 232 k€ selon le palier de performance. Le point dur devient le raccordement électrique, à chiffrer dès l'étude.

Par où commencer

Relever vos données par compartiment

Surface chauffée, culture et consigne de nuit de chaque compartiment, type de couverture, code postal, chaudière actuelle et puissance électrique souscrite.

Isoler la couverture si ce n'est pas fait

Écran thermique ou double paroi soufflée : c'est une condition du projet de fiche et le premier levier pour réduire la puissance à installer.

Commander l'étude de dimensionnement

Elle additionne les besoins des compartiments et en déduit les machines, le régime d'eau des tubes et un ballon d'au moins une heure.

Déposer le dossier d'aide, puis signer

Aucun devis signé avant le dépôt : une opération engagée trop tôt perd son aide. La pose incombe à un professionnel certifié, extérieur à l'exploitation.

Vous chauffez au gaz ? La sortie de la chaudière est traitée sur la page pour remplacer le chauffage gaz d'une serre. Le calendrier complet figure dans le déroulement d'un projet de PAC en serre.

Tomates, concombres ou fraises : décrivez votre serre, l'étude gratuite calcule la puissance par compartiment et l'aide correspondante.

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Aides disponibles

En maraîchage, l'aide principale est l'aide financière CEE de la fiche AGRI-TH-108. Sa version A35-2, toujours applicable, finance déjà les PAC de serre maraîchère, avec des forfaits plus modestes. La révision de la fiche, attendue au Journal officiel, prévoit des montants environ 3 fois plus élevés.

Le projet d'arrêté de révision est passé en consultation publique du 7 au 28 septembre 2026 : préparez votre dossier dès maintenant. Les montants de cette page en sont tirés et restent à confirmer ; la part reversée à l'exploitant dépend du contrat.

L'aide peut couvrir jusqu'à 100 % du projet, selon l'éligibilité (surface chauffée, type de production, puissance d'au moins 300 kW, électrification totale). Notre rubrique détaille la révision de la fiche AGRI-TH-108 et les conditions d'éligibilité de l'aide. Pour un premier chiffre, estimez l'aide pour votre surface.

Questions fréquentes sur la PAC en maraîchage

Une pompe à chaleur peut-elle chauffer une serre de tomates en hiver ?

Oui, si elle est dimensionnée pour la Tbase du site avec une consigne de nuit de 16 à 18 °C. Le ballon de stockage, exigé par le projet de fiche, continue d'alimenter les tubes pendant les dégivrages de la machine.

Ma serre fait 1 500 m² de tomates : est-ce trop petit ?

C'est sous le seuil habituel. Une PAC de 300 kW, le minimum de la fiche révisée, couvre 1 800 à 2 700 m² de tomates. Sur 1 500 m², elle sera surdimensionnée et l'aide ne portera que sur la surface réelle, soit 31 à 35 k€ environ. Le projet se défend surtout en région froide.

Peut-on garder la chaudière gaz pour le CO2 ?

Pour le chauffage, non : la fiche révisée exige l'électrification totale. Elle n'admet qu'un secours consigné en cas de panne de la PAC, au plus 500 heures par an et 12 % de l'énergie. Pour le CO2, prévoyez une autre source et faites valider le schéma lors de l'étude.

La prime CEE est-elle la même pour la tomate et la fraise ?

Oui, au m² : le forfait dépend de la catégorie de serre, maraîchère dans les deux cas, et du palier de performance de la machine. La fraise demande en revanche moins de puissance, si bien que l'aide couvre plus facilement l'installation.

Tomates, concombres, fraises : chiffrons votre projet

Vos compartiments, vos consignes et votre couverture suffisent pour dimensionner une pompe à chaleur serre maraîchère et chiffrer l'aide. L'étude gratuite dit aussi si l'aide peut couvrir tout le projet, selon l'éligibilité (surface chauffée, type de production, puissance d'au moins 300 kW, électrification totale).

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